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Calculer la rentabilité d’un investissement locatif (sans se mentir)

Rentabilité brute, nette, nette-nette : trois chiffres qui peuvent varier du simple au triple. Comment ne pas tomber dans le piège du « 8 % brut » qui finit à 2 % réels.


TL;DR

La rentabilité brute (loyer annuel / prix d’achat) est presque toujours trompeuse. Pour décider, regardez la rentabilité nette-nette d’impôts, qui intègre charges, vacance, fiscalité et coût du financement. Comptez 35 à 45 % d’écart entre brute et nette-nette.

Un agent immobilier vous annonce « 7,2 % de rentabilité brute » sur un T2 à Marseille. Ça sonne bien. Vous achetez. Trois ans plus tard, votre cash-flow net est de 40 €/mois. Que s’est-il passé ?

Le problème vient du chiffre choisi. Il existe au moins quatre façons de calculer la rentabilité d’un investissement locatif, et la différence entre elles peut atteindre 60 % de l’écart. Voici comment ne plus se faire avoir.

Les 4 niveaux de rentabilité

1. Rentabilité brute = loyer annuel ÷ prix d’achat. Simple, vendeuse, et fausse comme métrique de décision. Elle ignore tout sauf le loyer.

2. Rentabilité brute corrigée = loyer annuel ÷ (prix d’achat + frais de notaire + travaux). Plus honnête sur le capital engagé.

3. Rentabilité nette = (loyer annuel − charges non récupérables − taxe foncière − assurance PNO − provision vacance) ÷ capital engagé. C’est le vrai rendement de l’actif.

4. Rentabilité nette-nette = idem, après IR + prélèvements sociaux selon votre régime fiscal. C’est ce qui finit vraiment dans votre poche.

Le calcul honnête, étape par étape

Prenons un cas : T2 à Marseille, 165 000 € + 12 000 € de frais de notaire + 8 000 € de petits travaux. Loyer 720 €/mois charges non comprises.

  • Brute : (720 × 12) / 165 000 = 5,2 %. Mais on l’arrondit souvent à 5,5 % en parlant.
  • Brute corrigée : 8 640 / 185 000 = 4,7 %.
  • Nette : (8 640 − 950 taxe foncière − 380 charges − 150 assurance − 430 vacance 5 %) / 185 000 = 3,6 %.
  • Nette-nette (TMI 30 % en location nue micro-foncier) : ≈ 2,7 %.

L’écart entre les chiffres affiché et réel est de 5,2 % → 2,7 %, soit presque la moitié qui disparaît dans les frais et la fiscalité.

Les postes que tout le monde oublie

La vacance locative

Statistiquement, un appartement en zone moyennement tendue connaît 3 à 6 semaines de vacance tous les 2-3 ans entre deux locataires. Provisionnez 4-5 % du loyer annuel. Si vous êtes en zone très tendue (Paris, Lyon centre), 2-3 % suffisent. En zone détendue, montez à 8-10 %.

La gestion locative

Si vous déléguez : 6-8 % TTC du loyer encaissé, plus 1 mois de loyer pour la mise en location. Si vous gérez seul, comptez votre temps : 20-30 heures par an minimum (états des lieux, relances, déclarations). Mettez-y un coût horaire.

Les travaux récurrents

Ravalement, ascenseur, chaudière, peinture entre deux locataires, électroménager qui rend l’âme : provisionnez 0,7 à 1 % de la valeur du bien par an. Lisser sur 10 ans. Sur 180 000 €, ça fait 1 500 €/an, soit 12-15 % du loyer.

La taxe foncière qui monte

Elle augmente en moyenne de 3-4 %/an depuis 5 ans, parfois bien plus dans les communes en difficulté. Sur 10 ans, prévoyez +35 à 50 % du montant initial.

Le piège du financement à 100 %

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On entend souvent « avec un crédit à 100 %, ton rendement sur fonds propres est infini ». Mathématiquement vrai si vous engagez 0 €. Mais les frais de notaire et le mobilier représentent toujours 10-15 % qui sortent de votre poche. Et la mensualité doit être couverte par le loyer — si elle ne l’est pas, vous épongez chaque mois, ce qui revient à un apport étalé.

Le bon indicateur, c’est le cash-flow mensuel net après mensualité. S’il est positif de 50-150 €/mois avec un financement long, c’est un bon dossier. S’il est négatif de 300 €, c’est une rente immobilière à votre charge.

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Investissement locatif

Brute, nette, nette-nette : les 4 niveaux de rentabilité sur votre projet.

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Le seuil minimal honnête

Pour qu’un investissement locatif batte une assurance vie performante (3-4 % brut, fiscalité douce après 8 ans) en tenant compte du risque et de l’illiquidité de l’immobilier, il faut viser :

  • Au minimum 4,5 % de nette-nette hors plus-value.
  • Avec un cash-flow neutre ou positif sur un financement classique.
  • Sur un actif liquide à la revente (T2, T3 bien placés, copropriété saine).

En dessous, l’opération vit grâce au pari de plus-value future. C’est une stratégie possible mais à assumer comme telle, pas à présenter comme « du rendement ».

Pour aller plus loin

Notre simulateur intègre les 4 niveaux de calcul ci-dessus avec votre profil fiscal. Pour aller plus loin, voyez aussi comment les travaux changent vraiment le rendement et comment comparer plusieurs biens objectivement.